Une rencontre magique
Lettre du 31 mai 2024
Il y a quelques jours, j’étais à la terrasse de mon café préféré à Lisbonne – le Coppenhagen Coffee Lab de Santa Clara – avec mon americano et mon roulé à la cannelle, en train d’écouter une vidéo de non-dualité de l’enseignant français Francis Lucille, quand passe juste à côté de moi un autre enseignant non-duel, sans doute l’un des plus connus au monde : Mooji.
La non-dualité c’est la compréhension spirituelle selon laquelle tout n’est qu’un. L’idée centrale c’est que la vie telle qu’on la perçoit est une illusion. On croit à la matière, on croit à notre existence séparée de ce qui nous entoure – je suis moi et tu es toi et il est lui et l’arbre est l’arbre – alors qu’en fait il n’existe qu’un seul être qu'on peut appeler la source, la conscience… quel que soit le nom que tu lui donnes – Dieu, même – il n’existe que ça, et tout est ça, et rien qui existe n’est autre que ça.
Dans la vidéo de Francis que j’écoutais, il utilisait la métaphore de l’arbre. L’arbre serait ce grand tout, et chacun de nous serait une des branches de cet arbre.
« Bon, et alors », me diras-tu peut-être ? Et alors si on gratte la couche de l’illusion de la séparation on ne trouve que paix et amour. Pas la paix et l’amour que nous pouvons atteindre à la sueur de nos fronts. La paix et l’amour que nous sommes si on apprend à se débarrasser de nombreuses de nos fausses croyances.
Je me rends bien compte que tout ça peut rester un peu flou. Beaucoup plus concrètement, je lis actuellement un livre merveilleux sur la parentalité, empreint de cette même énergie, qui s’appelle « Good Inside » (en français « Parents Attentifs »), et dont l’idée principale, comme son titre l’indique, c’est que nous sommes tous bons à l’intérieur. Même ceux d’entre-nous qui sommes des tyrans ou des criminels, si on creuse au-delà des traumas et des conditionnements, on trouve un être fondamentalement bon. Cet être fondamentalement bon est qui nous sommes véritablement. Le reconnaitre nous permet d’ouvrir notre cœur, de passer du jugement à la compréhension, de moins se concentrer sur ce qui nous sépare et plus sur ce qui nous unit. D’accorder à autrui l’interprétation la plus généreuse concernant son comportement. D’être plus aimant envers soi-même et les autres, et donc plus heureux.
Mooji passe à côté de moi, donc, avec 5 ou 6 de ses étudiants, et ma mâchoire tombe, je suis comme une adolescente qui verrait passer Dua Lipa – bon d’accord, j’aurais aussi eu la mâchoire qui tombe pour Dua, mais bref, je m’égare. Un de ses étudiants me catch, il a compris que je fais partie du clan non-duel, du coup je me lève et je vais le voir et je lui demande ce qu’il se passe, est-ce qu’il va bientôt y avoir un talk ou quelque chose à laquelle je pourrais venir ? Non, non, rien de tout ça, juste une balade touristique dans Lisbonne. Mais viens, me dit-il, je te présente.
J’arrive, Mooji se met face à moi, il me prend les mains, et me demande si j’habite dans le coin, il voit bien que je suis éberlué d’être face à lui, puis il me prend dans les bras, et là je sens l’amour inconditionnel, la douceur, la bonté intérieure qui chez lui rayonne à l’extérieur. Les larmes montent, je le remercie et retourne, un peu bouleversé, à mon café. Une autre de ses étudiantes revient me chercher, est-ce que je voudrais une photo, mais oui pourquoi pas, en voilà une bonne idée. Et rebelotte un autre calin – c’est pas comme quand j’attendais des heures pour que Amma me prenne dans les bras, là c’est la livraison express.
La synchronicité d’écouter Francis et de tomber sur Mooji m’a fulguré. La vie est magique.
Rien ne me fascine plus que ces enseignements ancestraux, remis au goût du jour, qui nous expliquent les grandes questions : qui sommes-nous, que faisons-nous ici, pourquoi la vie et comment la vivre. Ça me parait souvent fou que je semble faire partie d’une minorité qui est passionnée par ces questionnements. Et après des années de recherche spirituelle, avec la non-dualité j’ai la sensation d’avoir enfin trouvé une explication qui s’approche plus que toute autre de la vérité.
Il y a des livres de Rupert Spira en français, des talks de Francis Lucille sur youtube, des podcasts de Moojji sur Spotify, il existe de nombreuses sources facilement accessibles si tout cela t’intrigue, et puisque, comme tu l'as compris, ces enseignements m'habitent, j'en parle aussi dans nos retraites Silence.
Je t’aime,
Jo