Oh ! À quoi tu joues ?
Lettre du 1er juillet 2026
Je ne suis pas vraiment fan de foot, et à part quelques instants ici et là entre deux parties d'échec, je n'ai pas vraiment regardé le match de la France hier soir contre la Suède.
Mais je suis fasciné de ce qui se dit sur cette équipe.
Instagram m'a suggéré une interview d'un journaliste de Libé, qui expliquait son ébahissement (oui, oui) pas tant de l'étendue de la domination des Bleus pour l'instant dans la Coupe du Monde, mais surtout de la manière : on dirait des gosses qui jouent au ballon en bas de chez eux. Qui essayent des trucs, ne se prennent pas au sérieux, se marrent.
Quand ledit journaliste interroge le sélectionneur Didier Deschamps et lui demande s'il ressent ça aussi, il répond que non seulement il le ressent en match, mais que c'est comme ça tout le temps. Les joueurs inventent des jeux, rigolent, certains arrivent en voiturette à l'entrainement. C'est la colonie de vacances.
Quand j'ai eu l'opportunité de coacher une joueuse de tennis professionnelle, c'était une des idées dont on parlait le plus. Comment retrouver le plaisir. Comment oublier momentanément la pression et connecter à son enfant intérieur pour jouir du chemin plutôt que se préoccuper du résultat.
J'étais persuadé que c'est la clé.
Plus récemment, j'ai fait un voyage aux psychédéliques avec ma psy, et j'ai vu la même chose me concernant : j'étais trop dans la pression, la performance, le résultat. J'avais besoin de renouer avec les rires sans raison, la danse, le jeu. Une bonne grosse teuf, quoi. La vie m'en a donné une il y a deux semaines, les 50 ans d'une vieille pote, et c'était exactement ce qu'il me fallait.
Il y a deux jours, je parle à un pote qui était à cette fête, et voudrait peut-être que je le coache. On parle de différents aspects de sa vie, et on en vient à un des points qui me semble le plus important : est-ce que tu joues avec ton fils de 4 ans ? Est-ce que tu arrives à entrer dans son imaginaire, est-ce que tu le laisses t'embarquer dans ses jeux ?
Ce matin, Salvador décide qu'il va m'emprisonner pour rigoler, il va dans le garage, il trouve la plage arrière de notre voiture, il décide que c'est ça la prison, il suffit que je mette mes doigts là, et puis là, que je me cache dessous, le jeu part.
Je n'arrive pas tout le temps à entrer dans son monde. Trop souvent je l'oblige à venir dans le mien, celui du temps à respecter, des objets à ne pas casser, des trucs à ne pas dire.
Mais quand j'y arrive c'est merveilleux.
Et toi : est-ce que tu joues assez ? À quoi tu joues ? À quoi tu pourrais jouer si tu laissais un peu plus de place à ton enfant intérieur ?
Merci les Bleus de nous montrer ce bel exemple. Continuez de vous marrer et de nous inspirer de cette manière là.
Et merci de m'avoir donné une opportunité de parler de foot à ma femme sans qu'elle lève les yeux au ciel.