Méditation pour temps orageux

Lettre du 13 mars 2024

Bonjour toi,

Ces derniers jours j’ai ressenti pas mal d’agitation, je peux même dire que j’ai traversé un bel orage. Pas un ouragan, comme c’est le cas par exemple d’un ami, dont le bébé de 6 semaines en est à sa troisième semaine à l’hôpital pour des problèmes cardiaques. Non, juste un orage. De petites et moyennes choses, qui, accumulées, m’ont ébranlé. 

Je me suis retrouvé seul chez moi quelques heures hier, et je suis entré en méditation pour revenir à l’être, et pour tacher d’y voir plus clair. Puis j’ai écrit, en mode journal intime.


En me relisant j’ai vu qu’il y avait comme des affirmations qui ressortaient du texte, et qui feraient je crois une cool « Méditation pour Temps Orageux ». Les voici :

  1. J’observe la vie, j’évite de lui résister, je surfe sur les vagues qu’elle m’envoie

  2. Parfois la vie m’encourage, parfois elle me challenge, mais elle veut toujours mon bien

  3. Il n’y a pas de hasard

  4. Je n’ai pas besoin de tout savoir

  5. Je suis honnête avec moi-même concernant ce qui motive mes décisions

  6. J’évite de nourrir les conditionnements qui cherchent toujours plus d’argent et de reconnaissance

  7. Ce qui est vrai un jour, peut être faux le lendemain : je doute des certitudes auxquelles le mental veut se rattacher

  8. La vie est mon maitre et je suis capable d’entendre ce qu’elle me dit

  9. Je me fais confiance

  10. Le résultat importe bien moins que le chemin

 
J’avais écrit un texte sur le temps, mais ce matin en allant déposer mon fils à la crèche (je kiffe trop pouvoir dire ça, ça me donne l’impression d’être enfin un adulte) je me suis dit que j’allais plutôt décortiquer ces affirmations, que ce serait plus utile pour toi lectrice chérie (et lecteur chéri aussi mais bon y’a quand même plus de meufs je crois).

  1. J’observe la vie, j’évite de lui résister, je surfe sur les vagues qu’elle m’envoie

 
Observer, c’est le premier truc à faire la plupart du temps. L’ego veut des trucs mais la vie a souvent quelque chose d’autre en tête. Quand je surfe (pas moi, enfin plus moi, je veux dire les gens qui surfent vraiment), si je passe mon temps à rouspéter que telle vague casse trop loin, et telle vague est trop petite, et telle vague est trop grosse, je vais pas beaucoup surfer. Je prends ce que me donne l’océan et je tâche de faire de mon mieux. Je comprends qu’il n’y a qu’un toute petite partie que je contrôle, et que pour le reste, je n’ai d’autre choix que d’accepter. Pareil pour la vie.
 

  1. Parfois la vie m’encourage, parfois elle me challenge, mais elle veut toujours mon bien

 
L’ego veut le plaisir, le confort, la réussite. Mais parfois ce dont on a besoin c’est un bon coup de pied au cul. Comme le conflit que j’ai eu hier, venu de nulle part, me semblait-il, avec une amie qui dormait chez nous et pour qui j’avais la plus haute estime (elle est un peu retombée depuis – pas l’amie, hein, l’estime). Je faisais des projections sur cette personne, je la voyais comme quelqu’un d’éveillé, je buvais ses paroles. Et puis bam, elle s’est comportée comme quelqu’un dont la souffrance n’est pas réglée, avec agression, violence, même. Mon ego en a pris un coup. Pas seulement de me faire bousculer. Mais surtout de me rendre compte comme je m’étais trompé la concernant.
 
Pourtant c’était une bonne chose pour moi. Ce n’est pas la première fois que la vie me dit d’arrêter de mettre telle ou telle personne sur un piédestal pour ensuite la considérer comme une sorte de gourou. La vie est notre gourou. J’avais besoin de ce rappel.
 

  1. Il n’y a pas de hasard

 
Sauf quand il y en a. Mais bon, souvent, surtout quand c’est gros, il n’y a pas de hasard. Je veux dire : il y a un truc à comprendre. Une leçon à apprendre. Quelque chose à changer. Soit dans sa posture, soit dans son environnement, soit dans les deux.
 

  1. Je n’ai pas besoin de tout savoir

 
D’ailleurs je ne sais pas grand-chose. Moins je crois que je sais, plus je suis ouvert à comprendre, d’ailleurs. Je me méfie des étiquettes : les « cons » existent sans doute aussi peu que les « éveillés ». La réalité est complexe. Ladite pote avec qui j’ai eu ce clash nous avait tant donné la veille, à Jeanne et moi, par son attention et le partage de ses idées. Un jour c’était une éveillée, le lendemain c’était une conne. On est tous un peu comme ça, traversés tantôt par l’ombre, tantôt par la lumière.
 

  1. Je suis honnête avec moi-même concernant ce qui motive mes décisions

 
Parce que si je me mens à moi-même sur les raisons qui sous-tendent mes décisions, je fais des mauvais choix, c’est-à-dire des choix qui ne sont pas alignés avec mes valeurs. Exemple : j’ai en tête de créer un programme en ligne sur le bonheur. Oui je suis persuadé, sincèrement, qu’il fera le plus grand bien à ceux qui le suivront, peut-être même qu’il changera la vie de certains. Mais si je le faisais aujourd’hui, serait-ce vraiment pour cela ? Non. Ce serait aussi, et pour beaucoup, parce qu’il y a en moi la peur de manquer d’argent, et que je sais qu’un tel training est plus à même de m’aider à gagner de l’argent, que le bouquin sur lequel je bosse actuellement. Pourtant c’est le bouquin qui me fait vraiment kiffer. Et c’est le bouquin qui peut encore plus avoir un impact dans la vie des gens, je pense. Alors je décide de mettre le livre en priorité, car même si j’aurai besoin d’argent demain, pour l’instant il n’y a pas d’urgence.
 

  1. J’évite de nourrir les conditionnements qui cherchent toujours plus d’argent et de reconnaissance

 
En latin il y a cette expression que j’adore : « res ipsa loquitur » qui veut dire « la chose parle d’elle-même ». Je sais pas comment on dit affirmation en latin.
 

  1. Ce qui est vrai un jour, peut être faux le lendemain : je doute des certitudes auxquelles le mental veut se rattacher

 
Cf. le développement sur les cons et les éveillés, et celui sur le training vs. le bouquin. Cf. aussi des trucs qui se passent dans ta vie aujourd’hui, je parie.
 

  1. La vie est mon maître et je suis capable d’entendre ce qu’elle me dit

 
Surtout quand elle me répète quelque chose. Comme quand je répétais les mêmes schémas avec les femmes, naguère (ça me parait si loin maintenant que je suis au niveau « Jeanne » du jeu vidéo – et c’est vraiment un trop cool niveau). Comme quand je fais des projections sur des personnes qui me semblent plus avancées que moi spirituellement.
 

  1. Je me fais confiance

 
Personne ne sait mieux que moi ce qui est bon pour moi. Enfin cf. 7 quand même.
 

  1. Le résultat importe bien moins que le chemin

 
Et j’apprends à prendre le temps de bien regarder le chemin. A kiffer ce que je crois que je ne kiffe pas. Parce que je peux en fait.
 
La vie est un cadeau.
 
Je t’aime.
 
Jo