4000 semaines

Lettre du 13 mars 2025

Parfois, la vie met sur notre chemin un livre important, un livre qui vient modifier notre conception de l’existence. Pour moi, Four Thousand Weeks d’Oliver Burkeman—qui vient d’être traduit en français sous le titre 4000 Semaines—est un de ces livres.

Oliver était un gourou de la productivité, obsédé par l’optimisation du temps, cherchant sans cesse à maximiser sa vie : à « dépenser » chaque instant de la manière la plus efficace possible.

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Jusqu’au jour où il a une révélation : sa quête est non seulement futile, mais carrément contre-productive. À force de vouloir gagner du temps, il passe à côté de sa vie.


4000 Semaines est un livre poétique, philosophique et spirituel. Un livre touché par la grâce. Mon interprétation de son message principal ? Si tu veux bien « dépenser » ton temps—si tu veux mettre à profit les 4000 semaines que tu as sur cette Terre—alors apprends à mieux le gâcher.


Depuis cette lecture, mon rapport au temps a changé. Je suis toujours souvent le hamster qui court dans sa roue, mais j’en ai plus conscience. Et surtout, de plus en plus, j’arrive à sortir de cette roue de l’infortune. À plus prendre le temps de jouer avec mon fils, de faire la vaisselle, d’attendre, en étant pleinement présent. Ma conception du temps a changé, et avec elle, ma conception de la vie.


C’est pourquoi, depuis presque deux ans, j’en parle à tout le monde. J’ai même acheté dix exemplaires pour les offrir à mes proches. Mais la personne avec qui je voulais le plus partager ce livre—ma femme, Jeanne—préfère lire en français, et jusqu’ici, il n’y avait pas de traduction. Je trépignais.


Alors, quelle ne fut pas ma surprise lorsque les Éditions First m’ont envoyé un message pour m’annoncer la sortie de 4000 Semaines en français, en me proposant un exemplaire gratuit (je l’aurais payé le triple).


Puis un autre message : une invitation au lancement du livre à Paris… en présence d’Oliver ! J’avais tellement envie d’y aller… Mais bon, ça ne faisait pas vraiment sens de faire un aller-retour depuis Lisbonne juste pour assister à la rencontre et dire bonjour à Oliver de loin, comme un fan.


Alors j’ai demandé à Jeanne : que penserais-tu que j’écrive à Oliver—il dit dans sa newsletter qu’il lit tous les messages qu’il reçoit—et que je lui propose de passer une heure avec moi lors de son passage à Paris ? Il ne pourra sans doute pas, mais ça ne coûte rien d’essayer.


« Vas-y chéri », m’encourage Jeanne.


Alors j’écris à Oliver, je lui raconte mon histoire d’amour avec son bouquin. Et magie de la vie : non seulement il me répond, mais il me dit qu’il prendrait un café avec moi avec plaisir !


On est jeudi, je book un vol, le lendemain, je suis à Paris. On se rencontre, et c’est merveilleux. Les idées fusent dans tous les sens, l’échange est d’une richesse indicible, et Oliver—qui a quand même vendu plus d’un million de livres—se révèle d’une humilité et d’une gentillesse ahurissantes.


En sautant dans cet avion, j’ai appliqué l’un des principes centraux du livre : prenons conscience de notre finitude, du fait que ce beau manège de la vie prendra fin un jour ou l’autre, et faisons ce qui fait chanter notre cœur.
Et surtout, lisons des livres merveilleux comme celui d’Oliver.


Avec tendresse,
Jo